UOR Butembo : Les  craintes du CT Vikayilwira au regard du Code révisé de la famille qui consacre « une reine sans devoirs » et confie la direction du ménage au Juge de  paix

UOR Butembo : Les  craintes du CT Vikayilwira au regard du Code révisé de la famille qui consacre « une reine sans devoirs » et confie la direction du ménage au Juge de  paix

31. mai 2024 Université 0

La Société risque de connaître un manque de soumission et de respect aux autorités avec les changements qu’apportent certaines lois. C’est la crainte qu’émet le Chef de Travaux KAMBALE VIKAYILWIRA Moïse, auteur du Livre « La reine sans devoir. Contribution de la femme congolaise aux charges du ménage, entre Droit et culture ».

Il a présenté l’économie de cet ouvrage ce vendredi 31 mai 2024 au cours d’une conférence scientifique. Cette dernière s’est déroulée la mi-journée dans la grande salle du site Vungi de l’Université Officielle de Ruwenzori, UOR Butembo.

Cet enseignant en Droit a montré que les  changements constatés avec le Code de la famille de 1987 tel que révisé en 2016 sème un désordre dans la vie entre époux en les déclarants égaux en termes de droits mais en laissant une grande charge des devoirs à l’homme.

Quelques participants après la conférence. Photo Patient/Radio Elimu

« Dans l’ancien Code, il est dit que le mari est le Chef du ménage et sa femme doit se soumettre à lui. Son devoir, c’est d’aimer et de protéger la femme. Mais, aujourd’hui, il est dit que la femme est égale à son mari. Et c’est l’origine du problème. Parce que, pour que cette femme qui est égale à l’homme rejoigne son mari, on demande à l’homme certaines choses. Et tu ne comprends comment une personne venue vers toi après accomplissement des devoirs puisse devenir égale à toi par  la suite. La loi n’a pas tenu compte de différentes natures. Lorsqu’on dit que les époux s’accordent pour tous les actes juridiques posés, ça pose problème parce que l’homme n’est pas la femme. Il a les germes de l’autorité, de la domination. Alors, il faut donc qu’on permette à l’homme de ne plus verser la dot. On ne doit pas refuser ce qui est devoir et sauter rapidement sur les droits que la loi donne. C’est ce qui consacre la femme au foyer comme une reine sans devoirs. Entre les égaux, on ne peut pas avoir une partie qui fait seulement les devoirs parce que le mari n’est pas sur place ou seulement lorsqu’il est en difficulté financière sans que cela soit un devoir pour la femme », montre-t-il.

Page de couverture du livre du conférencier

Ce chercheur constate que faire du Juge de paix la personne censée décider sur la conduite du ménage où ne vit pas n’est pas du tout logique.

« Le foyer ne peut pas être dirigé sans chef pour finalement avoir un chef à l’extérieur qui est le juge de paix. C’est lui qui gère actuellement le foyer parce que les deux partenaires sont des incapables, l’un sans l’autre. L’article 449 suppose que là où il y a deux volontés, il y aura toujours des désaccords. Pour accorder les 2 volontés, le chef est devenu le juge du Tribunal de paix. La loi révisée en 2016 donnait au chef la possibilité de décider une fois pour toutes. Mais, aujourd’hui, on met même l’homme dans une situation d’incapacité juridique comme la femme l’était pour amener la direction du ménage au juge qui ne vit pas dans ce ménage », relève le Chef de  Travaux VIKAYILWIRA. 

Le Chef de Travaux VIKAYILWIRA craint que certaines femmes prennent les dispositions de cette loi pour semer des désordres dans leurs foyers. Ce qui sera un mauvais départ aux enfants qui risquent de ne pas avoir le bel exemple de respect aux autorités établies, la famille étant considérée comme la base de la Société, stipule l’article 40 de la Constitution.

« Quand la loi est en contradiction avec les bonnes pratiques en Société, on se met pour adapter la loi à la réalité du milieu et non pas copier des lois qui sont conformes aux cultures d’autrui. Dans la société africaine, la femme et l’homme ont chacun ses devoirs. Nous voulons que cet aspect soit réintégré dans la loi. C’est pourquoi, nous montrons au législateur que d’ici 10 ou 20 ans, nous aurons des difficultés parce que les dirigeants viennent des familles. Et s’ils viennent des familles qui vivent les désordres, des familles sans chef qui décide sur des matières importantes, comment vont-ils vont respecter les autorités qu’on va nommer ou voter dans les institutions publiques ? », chute le conférencier.

Notons que le livre de ce chercheur est à découvrir dans la Bibliothèque Cheikh Anta Diop de  l’UOR.

Toute personne peut commander ce livre à moindre coût au Bureau de la Faculté de Sciences juridiques.

Patient Akilimali