Nord-Kivu : Dans la peur, Kambau (Lubero) accueille des déplacés venus de Cantine et environs (Beni) où près de 80 civils ont été tués par les ADF  en 5 jours

Nord-Kivu : Dans la peur, Kambau (Lubero) accueille des déplacés venus de Cantine et environs (Beni) où près de 80 civils ont été tués par les ADF  en 5 jours

10. juin 2024 Allgemein 0

L’insécurité qui sévit ces jours dans le groupement Baswagha-Madiwe du territoire de Beni a déjà occasionné le déplacement des milliers d’habitants qui restent sans assistance humanitaire. Des centaines de ceux-ci se sont déplacés vers à Kambau, chef-lieu du groupement Bapakombe, secteur des Bapere dans le territoire de Lubero.

Le Président de la Société civile en groupement Bapakombe,  précise que cette entité a déjà accueilli plus de 5 000 déplacés venus de Cantine, Masau et ailleurs craignant ainsi pour leur sécurité.

Germain KAKULE WAYIREWANENE appelle personnes de bonnes volontés à leur venir en aide et au gouvernement de se pencher sur la question sécuritaire pour que la paix revienne dans les entités secouées par les terroristes ADF.

« Ces jours, Kambau est en train de recevoir les déplacés qui viennent de Cantine, Masau, Maikengu et ailleurs. La population de Kambau est en train de se donner parce qu’il y a des déplacés qui sont dans des familles d’acceuil  et d’autres dans des endroits où ils peuvent se mettre en attendant. Nous sommes en train de chercher pour qu’ils trouvent ne-fût-ce que à manger. Ici à Kambau,  nous vivons aussi la peur parce que quand la population se déplace, les gens-là peuvent aussi s’infiltrer en se faufilant parmi les déplacés.  Malgré cette peur,  nous sommes en train de recevoir nos frères. Le message, c’est au Gouvernement de mettre fin à la guerre dans notre pays où tout est perturbé », plaide  Germain Wayirewavene.

Pour sa part, le Gouvernement congolais, à travers le Ministère de la Communication et Médias condamne l’attaque ADF qui a visé quelques localités du territoire de Beni le 7 juin. Dans un communiqué de presse du dimanche 10 juin, il parle des attaques qui ont visé Masala, Mahihi et Keme. « Le rapport transmis par le Gouverneur militaire, qui a déployé une mission urgente sur place, fait état de 39 personnes tuées à Masala et Mahihi et 2 personnes tuées à Keme. Au total, 41 personnes ont perdu la vie et 9 autres ont été blessées. En outre, plusieurs dégâts matériels ont été répertoriés », lit-on dans ce communiqué de presse.

Tout en présentant ses condoléances aux familles des victimes, le Gouvernement exprime sa détermination à poursuivre sans relâche les opérations de traque de ces terroristes.

Entre temps, les recherches se poursuivent pour retrouver les corps des victimes des tueries enregistrées depuis mardi 4 juin dans plusieurs villages du groupement Baswagha-Madiwe, dans le territoire de Beni. ACTUALITE.CD constate qu’au moins 82 personnes ont perdu la vie dans ces circonstances.

La première attaque a eu lieu la journée du mardi 4 juin dans le village de Masawu, et a fait 17 morts parmi les civils. Non loin de là, 5 autres corps ont été retrouvés jeudi 6 juin dans les villages de Kabweli et Mamulese. Le même jeudi, six autres corps ont été repêchés des eaux de la rivière Loulo, dans le village de Mununze.

Plus loin de là, toujours dans le secteur de Beni-Mbau, 13 autres personnes étaient décapitées le matin du même jeudi alors qu’elles effectuaient les travaux communautaires “Salongo” dans le village de Makobu.

Et le vendredi 7 juin dans le village de Masala où 38 personnes dont deux agents des services de sécurité ont été tuées à coups de machette ou par balles.

Le même jour, 3 autres villageois ont été tués à Mahihi et Mapasana. « Ce qui porte à 82 le nombre des personnes tuées jusqu’au samedi dernier.  Ce dimanche, les autorités locales et l’armée ont procédé à l’inhumation de 22 corps retrouvés dans le village de Masala. L’enterrement a eu lieu dans la localité de Mabalako devant les membres des familles inconsolables. L’inhumation d’autres corps va se poursuivre ce lundi car une dizaine de corps ont été abandonnés par l’armée dans le village de Masala faute de moyen de transport », lit-on sur le site de ACTUALITE.CD  qui note que les fouilles se poursuivent dans la zone.

Konda Jérémie