Lubero : Plus de 50 000 enfants sans actes de naissance dans ce territoire suite à la rupture en stocks  des registres à l’Etat-civil

Lubero : Plus de 50 000 enfants sans actes de naissance dans ce territoire suite à la rupture en stocks  des registres à l’Etat-civil

10. juin 2024 Société 0

Depuis 2 ans, dans certaines communes, chefferies et secteurs du territoire de Lubero, les enfants ne sont plus enregistrés au bureau de l’état-civil, faute de registres. Pourtant la loi stipule que dans les 90 jours qui suivent sa naissance, un enfant doit être fait enregistrer par ses parents.  L’alerte est du responsable du bureau de l’état civil dans le territoire de Lubero.

Issa Matata Katsongo ,chef du bureau de l’état civil dans le territoire de Lubero déplore cette situation qui prive les enfants congolais d’une pièce aussi importante qu’un acte de naissance.

Il indique que l’UNICEF qui se chargeait de la livraison des registres d’enregistrement et de déclaration des naissances ne fournit plus de nouveaux registres. Notre interlocuteur tire la sonnette d’alarme et dit s’inquiéter du taux élevé d’apatrides dans le Lubero.

Région où, dit-il, aujourd’hui, les enfants sont enregistrés dans de simples cahiers.

« C’est depuis 2 ans que nous avons une rupture. Dans l’ancien temps, c’est l’UNICEF qui nous amenait des registres à partir de Kinshasa mais depuis que l’UNICEF est partie, nous sommes en rupture de stocks. Les enfants ne reçoivent plus d’acte de naissance. On fait des simples déclarations au  bureau de l’état-civil.  Les officiers de l’Etat-civil les enregistrent dans des cahiers simples  en attendant que le Ministère de la justice nous dote des registres de naissance », décrit-il.

Issa Matata Katsongo parle de plus de 50 mille enfants sans actes de naissance recensés sur l’ensemble du territoire de Lubero jusqu’à la mi-mai. Et évoque de graves conséquences sur la vie de ces enfants.

Parmi celles-ci : la difficulté voire l’impossibilité pour les parents de voyager avec leurs enfants à l’étranger, l’impossibilité de l’acquisition de la nationalité…. Il suggère à sa hiérarchie d’autoriser l’impression de ce précieux document dans les différents Secteurs, Communes et Chefferies afin de pallier ce problème :

« Ces enfants-là ont un grand problème. L’enfant déclaré à l’Etat-civil et qui a  un acte de naissance a droit à un nom, à une identité, à une nationalité. Tous ces avantages-là, les enfants les ont perdus. Nous avons déjà écrit à la Division de  la justice à Goma et à  notre division de l’intérieur de permettre aux entités territoriales décentralisées d’imprimer localement. Nous attendons la réponse », conclut-il.

Dans sa récente sortie médiatique, la société civile du secteur des Bapere a plaidé quant à elle pour l’ouverture d’un moratoire pouvant permettre à ces enfants de recevoir leurs actes de naissance.  

Laetitia Vusara