Butembo : L’expérience du célibataire Jérôme Kazadi,  plus de 50 ans d’engagement dans la cordonnerie

Butembo : L’expérience du célibataire Jérôme Kazadi,  plus de 50 ans d’engagement dans la cordonnerie

17. février 2024 Allgemein 0

En dépit de la conjoncture économique qui monte en puissance, des entrepreneurs ne croisent pas les bras en ville de Butembo. Alors que certains jeunes connaissent un recul dans le monde entrepreneurial, des vieux tiennent le coup pour la survie de leurs familles. Il est l’exemple du cordonnier KAMBALE JEROME appelé affectueusement KAZADI qui, malgré ses quelques faiblesses, brille par le courage depuis plus de cinquante ans dans ce métier du premier Président des USA, Abraham LINCOLN.

Rencontré en son atelier de cordonnerie ce samedi 17 Février 2024, JEROME KAZADI, fier de son travail, démontre la peine du fonctionnement de la cordonnerie en ville de Butembo. « Nous avons beaucoup de problèmes. Le monde a déjà changé. On était rare avant. Et certains qui pouvaient se faire accompagner par nous, nous ont abandonné pour faire maintenant le foot. Ils nous disent qu’ils ne peuvent pas vire de la saleté et ne rien gagner. Autre chose, vous pouvez acheter des semelles, pneux, fils, patex et autres matériels mais les clients oublient même font exprès de nous laisser leurs souliers pendant toute une année, et comment nous pouvons vivre avec ça ? » se désole JEROME KAZADI KAZADI, cordonnier depuis avant l’indépendance de la RDC. Il  n’a aucune précision sur son âge.

KAMBALE JEROME KAZADI, célibataire de son état, reste motivé en dépit de son paraître. Très engagé à son métier, ce cordonnier reste dans l’histoire de la cordonnerie de la cité à la ville de Butembo.

Pourquoi se dit-il mobilisé ? « Rester cordonnier c’est parce que je l’ai aimé. Parmi d’autres travaux que je pouvais, je me suis retrouvé plus apte avec la réparation des souliers. Imaginez depuis que nous avions initié notre atelier à Londo qui existe jusqu’aujourd’hui, on est resté très rare dans ce métier même si les gouvernants nous a déjà oublié. Si les prêtres d’ici à Kambali ne m’avait pas accompagné, je ne sais pas quel genre de cordonnier je serai jusqu’aujourd’hui » fait savoir JEROME KAZADI, cordonnier en cellule Salongo, Numéro 40.   

Est-ce que la conjoncture économique actuelle allège la cordonnerie actuellement ? Cet artiste cordonnier illustre le défi majeur de la prise en charge. « Je suis resté célibataire, vous voyez tout ça c’est parce que je n’ai pas de l’argent. Imaginez vous-même, malgré les 1000 francs que je peux gagner, j’ai des parents qui vivent encore et que je dois nourrir et vêtir, alors qu’en est-il si je n’ai pas de matériel, imaginez », nous confie JEROME KAZADI, cordonnier de son état qui a su construire une maison à ses parents, de laquelle est attaché son atelier de cordonnerie au Quartier Kambali.  

Si on ne doit pas abandonner, il faut un soutien aux personnes oubliées, ajoute ce chevronné cordonnier. «Si nous restons vulnérables c’est parce que le gouvernement nous délaisse expressément mais je me dis que ma limite est au niveau où, une fois mon repas de la journée trouvée, mes parents en bonne santé, ma vie continue et je peux aussi longtemps que je respire malgré les problèmes », chute Jérôme KAZADI que nous avons rencontré pour illustrer une expérience de plus d’un jubilé d’or dans un seul métier dans une ville en perpétuelle mutation comme Butembo.   

Jures Kizito