Butembo : Voici les risques que vous encourez si vous négligez votre langue maternelle (Lecture du CT Karongo)

Butembo : Voici les risques que vous encourez si vous négligez votre langue maternelle (Lecture du CT Karongo)

21. février 2024 Allgemein 0

Chaque 21 février de l’année, l’humanité célèbre la journée internationale de la langue maternelle. Une date qui revient sur la place de la langue de base parmi autant des moyens de communication humaine. PALUKU KARONGO PENTALEON estime que négliger sa langue maternelle, c’est ignorer sa propre identité au sens anthropologique.

Contacté à l’occasion de cette journée ce 21 Février 2024, ce Chef de travaux a circonscrit la terminologie à deux faces de la langue maternelle.

Partant de cela, ce linguiste congolais pense que la langue maternelle présente autant d’enjeux. Paluku KARONGO PENTALEON pense que cette langue ouvre à autant des périmètres dans le monde en perpétuelle mutation.  

« Il y a deux possibilités pour aborder la question de la langue. La première relève du linguiste et lexicologue Jean Dubois et la seconde relève de la société. Pour Jean DUBOIS, la langue maternelle est la toute première langue que l’enfant apprend sous le regard ou l’égide de sa mère ou d’autres personnes tutrices qui participent à son élévation. A ce niveau, cette langue peut être vernaculaire ou véhiculaire. Mais en fait, c’est la toute première langue que l’enfant utilise pour communiquer. Ce qui entraine que je peux être Nande mais ma langue maternelle est plutôt une autre langue. Dans ce cas bien précis, la langue maternelle n’est pas donc à confondre avec la vernaculaire qui est ancestrale. Au niveau de la compréhension de la société au fil du temps, la langue maternelle est la langue étymologiquement de la mère de l’enfant. C’est la langue de mes ancêtres », a explicité PALUKU KARONGO Pantaléon, Enseignant de langue et de littérature.

Que faut-il pour remettre de l’ordre dans l’apprentissage de la langue maternelle ? PALUKU KARONGO pense que la maitrise de sa langue maternelle n’a que des atouts dans ce monde aussi complexe qu’intercommunautaire.  

« Un enjeu est ce qu’on peut gagner ou perdre. Un enjeu de la langue maternelle au premier sens que l’enfant peut utiliser sous le regard de sa mère. Un enjeu majeur est que cette langue maternelle quand elle est en même temps vernaculaire, elle nous ouvre à notre ancestralité, à notre tradition, notre coutume, à nos usages ; bref, à notre anthropologie culturelle. Cette langue en la parlant, nous découvrons davantage nos valeurs culturelles que la langue véhicule. Au sens du peuple, ne pas connaître sa langue maternelle, il y a risque de ne pas être socialisé ou intégré en société à la fois éthique ou tribale voire linguistique. Lorsqu’on connait sa langue maternelle, il y a beaucoup d’ouverture vers les valeurs culturelles auxquelles on appartient. Mais aussi, lorsqu’on ne connait pas la langue maternelle au sens second, il y a beaucoup de risques de s’ignorer soi-même, d’ignorer ses origines sur le plan culturel même si on peut le connaitre sur le plan géographique. Voyez même que ne pas maitriser la langue est un blocage de communication alors que lorsqu’on a besoin de partager, il faut y aller par la langue, qui qu’on soit, partout qu’on soit. Se servir de sa langue maternelle devrait représenter une soif pour la proximité interpersonnelle », a démontré PALUKU KARONGO Pantaléon, Expert en didactique de langue et Ecrivain.

Les scientifiques croient que la langue constitue un moyen de communication par excellence. Sur le plan socio-anthropologique, la langue maternelle participe à la connaissance des valeurs culturelles de tout peuple.

Celle-là n’exclut pas l’apprentissage d’autres langues aussi nationales qu’internationales qui favorisent l’ouverture aux opportunités dans le monde. Comme l’a pensé PALUKU KARONGO Pentaléon, il n’est pas prestigieux de maitriser des langues étrangères avant de tirer profit des ouvertures que la langue maternelle offre comme valeurs.

Ainsi, chacune des communautés est appelée à maitriser sa langue pour qu’elle ne s’éteigne alors que c’est elle qui identifie anthropologiquement un peuple.    

Jures Kizito