Nord-Kivu II : Les troubles sécuritaires à la base de l’échec des finalistes, Paluku Mapendano propose une prise en charge psychologique des élèves

Nord-Kivu II : Les troubles sécuritaires à la base de l’échec des finalistes, Paluku Mapendano propose une prise en charge psychologique des élèves

24. juillet 2025 Allgemein 0
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L’insécurité est l’un des facteurs qui impactent négativement sur les résultats des apprenants du secondaire à l’Examen d’Etat  dans la province éducationnelle Nord-Kivu II. C’est ce que démontre PALUKU MAPENDANO Roland, enseignant à l’Institut Supérieur Pédagogique, ISP Muhangi. Celui-ci a analysé les résultats des élèves de 2015 à 2024.

Selon lui, la comparaison des données affiche que les entités les plus  frappées par la guerre ont un résultat en dessous de la moyenne.

Paluku Mapendano, lors de l’exposé. Photo Patient Akilimali/Radio Elimu

« Quand je compare les sous-divisions de cette province qui ont connu un calme apparent, comme la sous-division de Butembo 1, Butembo 2, la sous-division de Lubero 1, Lubero 2, qui n’ont pas été directement frappées par l’insécurité comme c’est le cas en sous-division de Beni, de Oïcha, de Kamango, de Bulongo, je constate la différence. Même quand les élèves ont réussi, une année qui a été proclamée comme ayant connu une grande réussite en province, comme l’année 2018, les sous-divisions qui ont été frappées par la guerre ont un résultat en dessous de la moyenne. En comparant les résultats, les deux sous-divisions de Butembo qui vont jusqu’à 79% de réussite, alors qu’à Kamango ou à Boulongo, on est à moins de 50%. Ça ramène la moyenne de la province à 60, 61, 62. Je conclus que l’insécurité qui a sévi dans cette partie de la province a joué sur les résultats des enfants », détaille-t-il.

Ce chercheur trouve cette situation normale car le climat de vie de ces apprenants n’est plus favorable au travail.

«Oui, les élèves sont traumatisés. Vous imaginez des élèves qui, en pleine session, entendent des coups de balle et doivent se disperser et attendre une semaine plus tard pour retourner à l’école et poursuivre l’examen ou le cours. C’est ce qui s’est multiplié effectivement dans ce côté-là. Et des élèves qui ont perdu les leurs de manière atroce, qui ont été témoins des assassinats atroces de leurs proches ou même des inconnus, ne peuvent pas revenir à l’école avec un état d’esprit qui favorise l’apprentissage », enchaîne-t-il.

Paluku Mapendano, interrogé par la presse au sujet de son exposé. Photo Patient Akilimali/Radio Elimu

PALUKU MAPENDANO Roland invite les formateurs à considérer les apprenants des provinces instables comme des êtres particuliers dans l’apprentissage. Cela suppose qu’il faut absolument leur prise en charge psychologique.

« Aux enseignants, à tout le personnel du système éducatif, après une période de troubles, de guerres, nous ne devrions pas considérer nos élèves comme des personnes normales. Donc nous devons introduire dans notre système d’éducation la donne de la psychologie puisque l’élève qui a fui et qui revient à l’école, ce n’est plus le même élève. Alors, souvent nous quand nous revenons à l’école avec ces élèves qui ont fui des coups de balles, nous les prenons pour des élèves normaux et nous continuons le programme comme si de rien n’était sans songer à détraumatiser ces élèves-là », propose-t-il.

sCet enseignant à l’ISP MUHANGI note que la criminalité urbaine et la délinquance juvénile doivent interpeler les éducateurs, considérant que les traumatismes post-conflits peuvent en être à la base. 

Rappelons que PALUKU MAPENDANO Roland a exposé ces résultats lors du colloque international et interuniversitaire qui s’est déroulé aux Facultés Africaines Bakhita, FAB Butembo, du 16 au 18 juillet 2025.       

Patient Akilimali