Guerre à l’Est : En attente d’«un dialogue urgent», Mgr Sikuli s’interroge sur ceux qui auraient signé des accords qui mettent le pays en danger
Il faut le dialogue et au plus vite pour mettre fin à l’impasse qui s’impose sur le pays avec la guerre vécue ces jours. C’est aussi la position de l’Evêque de Butembo-Beni. Monseigneur SIKULI PALUKU Melchisédech a donné cet avis au cours d’une interview qu’il a accordée à la presse le lundi 24 février 2025 à l’évêché.
L’Ordinaire du lieu s’appuie sur l’Evangile de Jésus Christ, selon Luc au 14e chapitre, versets 31et 32 où Jésus parle d’un roi avec 10 000 hommes qui est au point d’engager une bataille avec son adversaire qui en 20 000.
« Le plus simple, c’est de suivre ce que Jésus dit dans l’Evangile. Vous voulez vous battre contre quelqu’un, vous avez 10 000 hommes, lui en a 20 000. Qu’est-ce que Jésus conseille ? Vous qui avez 10 000, envoyez des ambassadeurs pour aller négocier avec l’autre la paix. Nous voulons la paix. Quel est l’Evangile que Jésus donnerait aux uns et aux autres aujourd’hui ? C’est ce qui se dit par plusieurs personnes dont des diplomates. Et le Saint Père dit que le dialogue est l’unique moyen de parvenir aux solutions. Le fait de s’asseoir ensemble et parler, aidé par les autres, ça va contribuer à décrisper la situation. Dans tout conflit, il faut toujours un moyen de se parler, de se rencontrer », propose-t-il.
Pour Monseigneur SIKULI, le temps avance et des entités tombent. Le mieux aurait été d’entrer en dialogue avant de donner à Corneille NANGAA YOBELUO et sa suite du M23/AFC une grande carte à prévaloir pendant les négociations.
« Nous ne savons ce que Corneille Nangaa a dit quand il les a rencontrés (les délégués de la CENCO et de l’ECC, ndlr). Je présume qu’il a donné son accord qu’un cadre comme celui-là lui permettrait de donner son point de vue. Autrement, pourquoi serait-il parti ? Mais, s’il aura d’autres exigences, il voudrait certainement gagner d’autres espaces pour que le jour où ils s’assiéraient autour d’une table, ce sera une carte pour lui en disant par exemple, ça j’accepte pourvu que… C’est ça qu’il faudrait éviter », insiste ce Prélat.
Dans cette logique, l’Evêque de Butembo-Beni estime que l’heure n’est plus à traîner au motif « qu’on ne peut pas parler aux pantins », comme le dit souvent le Chef de l’Etat.
Par ailleurs, Monseigneur SIKULI implore Dieu pour qu’Il révèle au peuple congolais la personne qui aurait pris des accords qui coûtent très cher ces jours à la République.
« Pourquoi les autres sont si déterminés ? Est-ce qu’il n’y a pas eu des accords ? On parlait des accords de Lemera, peut-être qu’il y en a eu d’autres. Et on ne nous le dit pas. Maintenant, on peut s’époumoner alors que soi-même, on est peut être la cause de ce qui nous arrive. Tout le monde est en train de le dire : dialoguez. Et ce sera peut-être plus facile que ce qu’on appelle pantin. A la tête, il y a un congolais. Pourquoi ne pas appeler ce congolais et lui dire, écoute, qu’est-ce que tu nous faire là ? Qu’est-ce que tu veux ? Est-ce que tu es envoyé ? C’est un congolais et peut-être qu’il y a d’autres congolais. Pourquoi parler de pantin ? Bon, ce sont des mots, nous ne savons pas ce qu’il y a derrière ces mots. Et s’il y a eu des accords que nous ignorons ? Seule l’histoire nous le dira, peut-être dans 50 ans, moi, je ne serai plus là », conclut l’Evêque de Butembo-Beni.
Notons que c’est dans la perspective de chercher la voie pacifique à la crise sécuritaire que la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Eglise du Congo (ECC) sont en train de consulter différentes personnalités. Parmi celles-ci, le Président de la République Félix TSHISEKEDI, Martin FAYULU, Moïse KATUMBI, les délégués de Joseph KABILA, Corneille NANGAA, Paul KAGAME, William RUTO pour ne citer que ces acteurs de la politique nationale et régionale.
Patient Akilimali