Colloque interuniversitaire : Parlant de la faillite de l’Etat, le Père Professeur Kibanda soutient la lutte pour le bien-être par des voies pacifiques
Pourquoi l’Etat congolais est en faillite et que faire pour l’aider à se relever ? C’est cette question qui a préoccupé le Professeur Père KASEREKA KIBANDA Wilfrid, Enseignant de Philosophie, dans son exposé lors du colloque international et interuniversitaire tenu aux Facultés Africaines Bakhita du 16 au 18 juillet 2025.
Dans sa problématique, il dénonce des situations d’injustice, la justice populaire, la faiblesse des structures du bien commun. Face à cette situation, le Professeur KIBANDA conseille de redécouvrir le sentiment de honte qui doit motiver à dire à l’homme d’Etat qu’il y a des choses qu’on ne mérite pas de vivre.
Mais, réclamer n’est pas toujours facile, reconnait le Père KIBANDA. «Ça demande une organisation, le courage. C’est pourquoi nous avons dit que là-bas, il ne faut pas se contenter de survivre. Il y a une dame-là qui vient de me dire que les gens disent « Bora Uzima ». Alors on laisse pourrir le reste. Donc il ne faut pas se contenter de survivre, il faut bien vivre. C’est ça notre finalité, c’est ce que nous voulons. Et donc, une mort abjecte, bon, comme on le dit, mourir dignement. Ce n’est pas ça la dignité. On dit que le soldat reçoit la balle dans la poitrine. Il reçoit la balle dans la poitrine, comme ça, au front. Pas en train de tourner le dos à l’ennemi. Ça, ce n’est pas un soldat. Donc les citoyens qui connaissent le droit doivent pouvoir aussi prendre cette attitude-là du soldat qui accepte de recevoir la balle dans la poitrine, dans la tête, que de tourner le dos sur sa finalité, sur son objectif », exhorte le Professeur KIBANDA.

Toutefois, la détermination et l’objectif de mener une telle lutte n’est pas à confondre avec la violence, tempère le professeur Wilfrid KIBANDA. Pour lui, la stratégie consiste d’abord à se constituer en mouvements citoyens.
«De temps en temps, nous regardons les gens comme Lucha, comme les marginaux, mais ce sont des gens qu’il faut soutenir. Là, je suis clair là-dessus. Il faut la lutte non-violente dans le respect de ceux qui ont le pouvoir pour qu’il y ait un espace de dialogue. Si on le fait dans la non-violence, ça marchera. Mais si on le fait avec la violence, en train de brûler des pneus sur la rue, sur la voie publique, là, ça ne marchera pas », propose-t-il.
Ensuite, il est question de changer les autorités défaillantes notamment par la voie démocratique et à veiller au bon déroulement des élections.
« Pourquoi j’ai dit que les poissons pourrissent par la tête ? Il faut apprendre à changer. Parce que lui, il n’est qu’un homme, non ? On dit que les hommes passent, les institutions restent. Donc si la personne qui est là est foutue, il faut la remplacer par une autre. C’est ça le travail qu’il faut faire, des mécanismes pour remplacer celui qui ne gouverne pas bien, celui qui ne gère pas bien. Heureusement au Congo c’est bien prévu par les élections. C’est bien prévu par les élections mais il faut veiller aussi sur les élections, si ce sont des élections vraiment. Notre collègue a présenté là-dessus pour montrer que les élections qui devraient être un moyen de changer de structures, malheureusement deviennent comme une fin. Et donc il faut vraiment être vigilant. C’est le citoyen qui doit être vigilant », boucle le Professeur KIBANDA.
Bref, le Professeur KASEREKA KIBANDA Wilfrid pointe l’homme d’Etat d’être à la base de la faillite vécue ces jours, entendu que l’Etat est la personne morale qui doit répondre aux besoins auxquels un individu, une famille ou un village ne peut pas répondre.
Patient Akilimali