Butembo-Beni : Le nombre de demandes d’annulation de mariages en hausse, Mgr Sikuli invite à plus de prière et réflexion avant de s’engager
Le nombre de demandes d’annulation du mariage ne fait que galoper en Diocèse de Butembo-Beni. C’est une question qui a préoccupé les participants au Conseil pastoral diocésain tenue du mardi 16 au mercredi 17 septembre 2025 au Centre Diocésain de Pastorale, Catéchèse et Liturgie, CDPCL.
En travaux de carrefour, les participants ont noté que cette situation préoccupe davantage vu que le mariage est le sacrement qui déclenche le début de la vie d’une famille. Cette dernière est dite cellule de base de la communauté humaine par la Constitution de la RDC, à son Article 40.

Les demandes visant l’annulation augmentent et préoccupent, reconnait l’Evêque de Butembo-Beni. Monseigneur SIKULI PALUKU Melchisédech analyse que la société actuelle serait influencée par la situation du moment.
«Cela peut s’expliquer aussi par le contexte très difficile dans lequel nous vivons. Les gens, nous parlons de résilience, c’est vrai, mais nous vivons des moments très difficiles et qui peuvent amener aussi, contribuer avec l’éthique mondiale. L’atmosphère qu’on respire aujourd’hui de la mondialisation, tout cela ajouté à la sécurité, au manque de paix, peut être aussi une cause de toutes ces situations d’instabilité, de vouloir pratiquement un mariage qui serait comme un contrat pour quelques années seulement et puis après, on se sépare», amorce-t-il, au cours d’une interview nous accordée juste après ces assises.

Etant un défi pastoral, l’Evêque diocésain et tous les agents pastoraux se sont résolus de mettre l’accent sur les enseignements avant et après le mariage.
«Avec justement l’annonce de l’évangile et de la pastorale, ce défi étant connu, on saura travailler aussi là-dessus, dispensant beaucoup plus d’enseignements appropriés dans l’accompagnement des fiancés avant et après le mariage. Même après parce que nous avons une Commission (la Commission Diocésaine pour la Pastorale de la Famille) pour ça. Cette commission aidée par les prêtres et par la grâce de Dieu, nous espérons que ça aura une fin, il ne faut pas perdre cœur », fait-il espérer.
Monseigneur SIKULI rassure que les cas qui ont eu des jugements dans le sens de déclarer la nullité des mariages sont encore rares dans sa juridiction.
L’année pastorale 2024-2025, les quelques jugements enregistrés concernent les anciens dossiers relatifs aux « mariages-enfers » qui ont connu une accélération suite aux directives d’allégement données par le Pape François en 2015.
« Pas beaucoup. Et ce sont des cas très anciens, ce n’est pas pour dire que c’est récent. Le pape François a donné des directives qui allègent un tout petit peu et qui peuvent amener des couples invivables où la vie est presque devenue presque l’enfer, donc à se séparer, c’est une bonne chose. Et après que le couple ait expliqué des situations comme celle-là, il est arrivé cette année qu’on autorise… », renchérit Monseigneur SIKULI.

A l’Ordinaire du lieu de préciser que cette démarche n’est pas une brèche pour relativiser le lien indissoluble du mariage. A ce sujet, Monseigneur SIKULI PALUKU Melchisédech invite chacun à beaucoup prier et réfléchir avant de s’engager dans la vie conjugale.
«Ce n’est pas une brèche, donc il ne faut pas créer de… Il faut bien réfléchir et beaucoup prier avant de se marier. Il faut bien préparer. Moi, je suis même très très dur à ce propos-là. Si l’on suit les directives que j’avais données à l’époque, et qui devraient être observées lorsqu’un jeune homme et une jeune fille viennent inscrire le mariage, je crois que ça pourrait faire peur à certains », conclut-il.
Entre deux synodes sur la famille, le pape François a publié, le 8 septembre 2015, deux lettres visant à simplifier le processus canonique de reconnaissance des nullités de mariage. Tout en sauvegardant le principe d’indissolubilité matrimoniale, le pape souhaite accélérer les procédures en passant par un seul jugement au lieu de deux actuellement, et en établissant un «procès plus rapide» pour les cas de nullité les plus «évidents». Il demande aussi aux conférences épiscopales d’assurer la gratuité des procédures. Le «critère de foi» des époux au moment de se marier est aussi envisagé.
Deux motu proprio du pape visant à réformer les processus de nullité du mariage ont donc été publiés: Mitis Iudex Dominus Iesus pour le Code de droit canon, et Mitis et misericors Iesus pour le Code des canons des Eglises orientales. Ces deux lettres se basent sur le travail de la commission spéciale que le pape François avait nommée en 2014.
Dans sa lettre apostolique pour le Code de droit canon, le pape François rappelle très rapidement que cette réforme ne remet pas en cause «le principe de l’indissolubilité du lien matrimonial», qui «reste inchangé».
Il avait inscrit également cette réforme dans le contexte du synode pour la famille, rappelant que lors du «récent synode extraordinaire» d’octobre 2014, la majorité des évêques ont sollicité des procès plus rapides et accessibles.
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Patient Akilimali